Malgré la sensation poisseuse, les branleurs du monde entier se tordent aujourd’hui les mains : M. Momofuku Ando, l’inventeur des nouilles instantanées, est mort.
Ce qui avait commencé au milieu des années 1980 comme un petit plaisir coupable - engloutir des Bolino en regardant le mercredi des rediffusions de Star Trek ou des Blues Brothers sur la 5 - était devenu un réél mode de vie pour des millions d’étudiants puis de jeunes actifs dans notre Brave Patrie et dans le monde entier.
Si l’invention d’Ando Momofuku avait porté un sévère coup au rayonnement international de la gastronomie française (un bol de ramen prend 26 fois moins de temps à préparer que des cailles farcies aux truffes), elle avait néanmoins permis de dégager des milliards d’heures-hommes immédiatement réinjectées dans les secteurs les moins productifs de l’économie, retardant de quelques années leur délocalisation - ironie suprême - en Asie du Sud-Est, d’où M. Ando était originaire.
Bien plus que McDonald’s ou Quick, les nouilles instantanées représentent le fast-food tayloriste qui a permis à des millions de travailleurs de s’émanciper des contingences corporelles, et qui surtout leur évitent d’avoir à sortir quand il pleut dehors. A ce titre, le CNPF MedeF décernera mardi la Croix de Fer à M. Nando.