Moins de deux semaines après avoir enfilé son petit masque noir, lissé sa moustache et enfourché Tornado sur un fond de soleil couchant magnifié par le beau smog d’hiver, la Commission Européenne a finalement décidé de ne pas sauver la planète. Il est en effet apparu que ça coûterait vachement cher, chose qu’il est difficile de se permettre avec l’euro et tout.
Face aux menaces sur l’emploi générées par l’investissement technologique nécessaire, il a donc été décidé de remettre aux calendes grecques le plan contraignant les constructeurs automobiles à réduire les émissions de CO2 de leurs véhicules de 20% d’ici 2012.
La Commission préfère se concentrer sur une révolution industrielle de velours : « Nous allons tout foutre en l’air, mais doucement » a ainsi prévenu son président. « Nous restons fermement décidés à combattre notre dépendance au carbone, mais nous allons le faire en conservant les mêmes usines, les mêmes méthodes de production et les mêmes habitudes de consommation, en fait. C’est plus humain et ça fait montre de plus de respect envers les travailleurs européens » a ajouté M. Barroso dans sa posture fétiche, un bras derrière le dos et une grimace en travers des lèvres. M. Mercedes-Benz, qui se tenait légèrement en retrait, était pour sa part souriant.
Un agent d’entretien est demandé aux écuries, il y a une selle à nettoyer dans la stalle de Tornado.