Il va falloir réécrire les manuels scolaires, et selon toute probabilité y inclure des images pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes. Loin d’être la frêle adolescente qui émut tant de générations de patriotes et inspira à Luc Besson un film absolument catastrophique, la Pucelle d’Orléans était en fait une momie qui arpentait la terre depuis 2000 ans.
Le docteur Charlier, médecin légiste à Garches, a ainsi formellement identifié les restes que l’on suppose avoir été retrouvés sous le bûcher où Jeanne a péri. La côte attribuée à la bouteuse d’Anglois serait en fait celle d’une momie, et les tests de traçabilité menés sur la cuisse de chat l’accompagnant ont révélé que celui-ci n’était pas d’appellation européenne contrôlée.
Traditionnellement, les Egyptiens traitaient comme membre de la famille un animal représentant l’esprit du foyer, témoin de l’harmonie ambiante [1], et il est fort logique que la mort-vivante précédemment connue sous le nom de Jeanne d’Arc ait gardé le sien sur ses genoux en montant au bûcher.
Les raisons qui ont poussé une momie à se retrouver en Lorraine sont peu connues, et les éventuelles répercussions politiques de cette découverte sont tout aussi cryptiques à analyser.
Si l’on peut supposer qu’une partie de l’électorat du Front National sera d’un coup moins chaude bouillante pour aller se prosterner devant la statue d’une mort-vivante, la frange nazie et païenne du mouvement devrait se régaler. On peut aussi envisager le ralliement d’un certain nombre de fans de heavy metal.
De l’autre côté de l’échiquier, Jean-Pierre Chevènement peut espérer que la nouvelle galvanisera ses troupes et donnera un coup de fouet à la campagne de Ségolène Royal.
Enfin, Nicolas Sarkozy n’est pas en reste, puisque Jacques Dominati lui a d’ores et déjà promis que la sainte lui apportera son soutien dans les tous prochains jours.
[1] tradition encore illustrée au XXe siècle par Max Ernst ou Boris Vian.
