Le porte-avions Clemenceau empruntera finalement, en vue de son retour au port de de Brest, un itinéraire différent de celui retenu pour son voyage jusqu’en Inde.
Michèle Alliot-Marie, notre plantureuse ministre de la défense, aurait en effet jugé sur la foi de la facture présentée le mois dernier par le gouvernement égyptien qu’un nouveau passage du navire par le canal de Suez serait trop onéreux. « On aurait dû prendre un abonnement, finalement ».
Après avoir longé l’Afrique, le Clemenceau rejoindra donc l’Atlantique en passant au large du cap de Bonne Espérance, non sans avoir auparavant effectué une escale dans les îles Crozet, à l’extrême sud de l’océan Indien.
Un itinéraire qui est déjà contesté par les organisations écologiques. Thor Grolandsen, du mouvement Greenpeace, voit en effet dans ce passage au large des Terres Australes Françaises « une ruse destinée à faire percuter le navire par un iceberg pour s’en débarrasser ».
L’état-major bravepatriote, par la bouche de l’amiral Cormoran, a aussitôt démenti cette accusation fantaisiste : « Chacun sait que quand c’est l’hiver chez nous, c’est l’été dans l’hémisphère sud. En ce moment, il doit bien faire 30 ou 35 °C aux îles Crozet comme en Terre-Adélie, et même les pingouins sont obligés de se mettre à l’ombre sous des manguiers pour pas cramer. Alors des icebergs par ce temps-là, franchement, de qui se moque-t-on ? ».
Un autre risque plus sérieux pourrait toutefois menacer l’arrivée à bon port du Clemenceau : la possible présence résiduelle, dans la rade de Brest, de mines allemandes datant de la seconde guerre mondiale. Face à cette éventualité, l’amiral Cormoran reconnaît avec un sourire cachant mal son inquiétude, que « Ce serait tragique. Tragique. »