D’un naturel discret et effacé, voire timide, les marins-pêcheurs marseillais voient rouge, rouge comme les dauphins thons frétillants qui font le plaisir des petits et des grands dans les cantines de France et de Navarre.
Objet de leur ire : les dangereux activistes de Greenpeace, à de multiples reprises condamnés pour avoir dégradé la peinture de bateaux-usines à coups de boudins gonflables hélipropulsés. L’association, qui est d’après le Syndicat des thoniers de Méditerranée notoirement peuplée d’invertis, avait en effet prévu de mouiller mardi et mercredi dans le Vieux Port de Marseille afin de diffuser sa propagande malsaine. Pour des raisons de sécurité, l’autorisation en a été retirée par la CUM (Communauté urbaine de Marseille) à la secte moralisatrice.
Coiffé du passe-montagne typique des syndicalistes provençaux et équipé d’un harpon-mitrailleur traditionnel, le porte-parole du Syndicat s’en est réjoui : "Nous remercions ceux qui ont pris la sage décision d’interdire ce mouillage. Certes, le Rainbow Warrior est un joli bateau, mais les jolis bateaux aussi ça peut exploser sans raison, avec tout ce fioul à bord. Wink wink nudge nudge."
Le Rainbow Warrior II accueillera donc le public au large de la cité phocéenne (pour des raisons de sécurité encore, les mauvais nageurs sont priés de s’abstenir). Les thoniers ont toutefois décidé d’établir un cordon sanitaire de 32 bateaux autour du joli mais fragile porte-étendard de la flotte de Greenpeace : "Un équipage mâle vêtu de bikinis, c’est mauvais pour notre jeunesse. Nous aussi nous avons des valeurs, et nous comptons bien les défendre."