C’est avec un très léger retard de 90 ans que la société d’Assurance AXA a enfin versé aux ayants-droits des victimes du génocide arménien qui avaient souscrits une assurance-vie, la prime qui leur revenait.
"Génocide, génocide... Quand on voit le nombre d’ayant droit qui affirment avoir perdu toute leur famille, on peut se demander s’ils ne sont pas apparus par génération spontanée... " s’est quelque peu emporté un employé, aussitôt repris par le directeur de communication ["Mais ta gueule ! T’es con ou quoi ?!.."].
"Ecoutez, avant de parler de retard, il faut savoir qu’il y a une procédure à respecter", a commencé celui-ci. "Tous les courriers envoyés au souscripteurs de contrat assurance-vie après le délai en vigueur de 60 ans, nous ont été retournés par la poste Turque avec la mention : "N’habite pas l’adresse indiquée". Vous lisez le Turc dans le texte ? Nous non plus... Il nous a donc fallu attendre le concours d’un brave ouvrier originaire d’Istambul venu travailler au noir à l’entretien du siège social pour déchiffrer cette étrange inscription. Tout cela prend du temps. Nous avons ensuite tenté de les contacter au moyen des techniques les plus modernes, mais sans adresses courriel ou même un numéro de portable, ce n’était pas évident-évident..."
Enfin, tout cela c’est de l’histoire ancienne, et tout est bien qui finit bien. 11 millions de dollars ont été versé à ces braves gens, ce qui, rapporté au prorata des 5000 ayant droit, fait quelque chose comme 2 200 dollars par tête de pipe. 2200 dollars, ce n’est pas rien. Cela peut même constituer un petit pécule que nous ne saurions trop les encourager à placer dans le cadre d’un contrat assurance-vie AXA. Qui sait ? Leurs arrières petits enfants seront sans doute bien heureux de profiter, d’ici 110 ans, d’une telle manne...
Sans compter, les 3 millions de dollars versés directement à Charles Aznavour à une association caritative arménienne. C’est peu, mais c’est déjà ça".
"En somme vous avez agit avec parcimonie et bon escient ?"
"Bonnessian, en effet, je crois qu’il figure dans nos listings, mais Parsimoni, lui, c’est un Corse. Adressez-vous plutôt à mon collègue en charge des sinistres "résidences secondaires".