Deux terroristes de Greenpeace, profitant de la pénombre et du fait que tout le monde s’en fout, seraient parvenus hier à prendre d’abordage le porte-avions Clemenceau mouillant paisiblement au large du canal de Suez, pour protester contre son ultime voyage vers un chantier de démolition indien où il devrait être, notamment, débarrassé de plusieurs dizaines de tonnes d’amiante résiduelle encombrant sa structure.
Cette provocation a aussitôt déclenché une réaction agacée de notre plantureuse Ministre de la Guerre qui, interrompant sa troisième série de pompes de la journée, se serait bornée à déclarer « faudra pas qu’ils viennent chialer si ils chopent un cancer, ces deux guignols ».
La polémique autour de la démolition de cette ancien fleuron de notre marine bravepatriote ne cesse pour autant d’enfler. Par la bouche de l’amiral Jean-Louis Busard, notre état-major a cependant témoigné de sa plus complète perplexité à cet égard : « Le recyclage du Clemenceau est une opportunité fantastique, en termes de créations d’emploi, pour l’Inde. Sans parler de la possibilité de ré-employer les matériaux extraits à des fins industrielles : savez-vous combien de tétines de biberon on peut fabriquer avec une tonne d’amiante ? ».
La tension autour du devenir du Clemenceau devrait encore monter d’un cran à l’approche de la décision de la Cour Suprême indienne statuant sur la possibilité ou non d’accueillir le navire dans ses chantiers. L’amiral Busard se montre toutefois confiant : « Le Clem’, toxique ? Laissez-moi rire ! Attendez un peu qu’on leur refourgue le Charles de Gaulle dans trente ans, ils verront ce que c’est que de la toxicité ! Quand leurs ouvriers auront nettoyé les cuves à plutonium à la brosse à dent, croyez-moi, ils auront plus besoin de lanterne pour aller pisser la nuit ».