L’armée américaine serait en passe de tomber à court de munitions de petit calibre (5,56 mm) pour les M-16 de ses boys stationnés dans le pays des milles et une nuits (non, pas Eurodisney ; l’autre).
Tout semble indiquer cette pénurie résulte de prévisions « un peu courtes » du Pentagone, puisque jusqu’ici les troupes présentes en Irak ont su faire un usage parcimonieux de leur arsenal, avec seulement 1,8 milliard de projectiles tiré depuis le début de l’offensive, en 2003.
Cette imprévision a, de plus, été largement aggravée par des lacunes du système logistique de l’US Army. Le lieutenant Wanagain, du 82ème régiment de Marines, souligne ainsi l’obligation, pour les hommes placés sous son commandement, de recourir dans bien des cas au « système D ». « Par exemple, on ne nous a pas fourni de briquets pour nos hommes. Alors ils sont bien obligés d’allumer leurs clopes d’un coup de fusil. Et des fois, quand il y a du vent, c’est tout un chargeur qui y passe. ». D’autres soldats, qui ont tenu à garder l’anonymat, indiquent que dans la mesure où la paix et l’harmonie règnent désormais en Irak, leurs tâches deviennent purement administratives, et qu’ils n’ont pas reçu l’équipement approprié pour de telles missions. Ainsi, faute d’avoir reçu les perforatrices leur permettant de ranger proprement rapports et mémos dans un classeur, les GI en sont réduits à faire les trous à l’aide de leurs M-16.
Les exemples sont ainsi nombreux, de petits détails de la vie de tous les jours mal préparés par l’état-major, qui aggravent la pénurie de munitions : l’absence de télécommandes pour éteindre à distance les téléviseurs, l’insuffisance du nombre de décapsuleurs disponibles, sont autant d’épreuves qui forcent les troupes à faire usage de leurs armes.