proces equitable ou parodie de justice : des juges formés dans l’antre moderne du non-droit par l’instigateur même d’une guerre injuste, fondée sur le mensonge et la recherche d’intérêts financiers.
non, aujourd’hui, il est impensable de dire que le futur procès de Mr Hussein sera équitable.
Et pourtant, il le méritait ce procès qui tout en décrivant l’horreur que l’Irak a vécu pendant des années, aurait fait la lumière sur les complicités dont le dictateur a bénéficié au moment de la guerre Iran/Irak et aprés.
Le monde, lui aussi, méritait que l’on éclaire une situation qui perdure depuis 15 ans et au cours de laquelle on a tué des dizaines de milliers de personne au nom d’une démocratie que l’on foulait au pied par ailleurs. Alors que les différents gouvernements américains se sont sans cesse réclamé du bon droit, de la liberté et de la justice, Mr bush organise un procès qu’il extraie du droit international en fabriquant, bon an mal an, un tribunal national irakien
internationalisé, qui risque fort de n’être pas à la hauteur (les juges sont de petits juges de campagnes, quand ils sont juges !!!).Et, tout cela ne dit rien de l’évidente modification du comportement de Saddam Hussein au cours des différentes comparutions télévisées qui se voulaient des mises en accusations. S’il n’est pas drogué, maltraité ou sousalimenté, cette évolution marque l’entrée dans une maladie chronique grave (psychiatrique ou neuro-dégénérative), ce qui mettrait en cause la légitimité d’un procès tel qu’il se prépare.
Pour tout cela, mais surtout pour les irakiens qui méritent plus que tous la mise à plat d’une situation qui les a vu souffrir et mourir de l’embargo international en même temps qu’ils mouraient et souffraient sous la botte du dictateur, et qui aujourd’hui sont les grands oubliés de ce conflit (ils continuent à souffrir et mourir, pris entre les feux des occupants et ceux de fanatiques religieux), pour tout cela donc, il est hautement improbable que le procès de Mr Hussein soit équitable.
pourtant, ce procès aurait pu être l’occasion de dénouer sur la place publique les origines, les alibis, les motivations et les enjeux qui ont fait naitre ce conflit : pour Saddam (dont la culpabilité fait peu de doute), pour le monde (divisé entre pro et anti américains et qui le restera) et pour l’Irak (qui a besoin de se reconstruire sur des bases solides)
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