La ridicule polémique qui fait suite au choix par M. Chirac de retenir MM. Chain, Delarue et Fogiel pour représenter le service public au débat de jeudi sur la Constitution Européenne est en passe de se résoudre.
En effet, au nom d’un corporatisme frileux, les journalistes de France Télévisions s’étaient insurgés contre le choix élyséen de retenir des animateurs de variétés - excellents au demeurant - plutôt que, tiens tiens, des journalistes.
Il est certes de bonne guerre de défendre son bout de gras, mais, comme le fait remarquer Julien Dray, député PS de l’Essonne, "un certain nombre de gens qui dénoncent “l’information spectacle” sont d’abord et avant tout des partisans du non, y compris quand ils sont journalistes".
Il va de soi, dans ces conditions, que la participation de journalistes à toute information concernant le référendum sur la ratification du Traité constitutionnel européen ne pourrait que provoquer une distorsion de l’équilibre entre les temps de parole des partisans des deux camps.
Par conséquent, et afin de préserver la neutralité du débat, les groupes PS et UMP à l’Assemblée nationale vont très prochainement déposer un projet de loi visant à suspendre les journalistes de leurs fonctions jusqu’au 30 mai.
Voici qui devrait prouver, si besoin était, le caractère apolitique de la question européenne.