mardi 30 novembre 2004

La règle de trois : une épreuve difficile dont peu de candidats au ministère de l’Economie arrivent à se dépêtrer.

par John Bigballs
« Ça s’est joué super serré entre Hervé Gaymard, Philippe Douste-Blazy et Thierry Breton pour l’obtention du portefeuille du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie », nous ont appris nos sources confidentielles hier après-midi.

"Très difficile", "casse gueule", "pas fastoche" : les commentaires des candidats sont unanimes, le concours 2004 de ministre de l’Economie était très sélectif. "Un seul poste à pourvoir", rigueur budgétaire imposée, cela a découragé bien des candidats pour ne permettre qu’aux plus acharnés de se présenter.

En effet, 2004 est un excellent cru de candidats à ce poste. Le sujet du concours de cette année n’était pas très simple, mais ne doit pas ternir la qualité des postulants. Choisi par Jacques Chirac, le thème de la réévaluation des salaires des fonctionnaires est une épreuve piège très ardue qui n’a que le mérite de permettre de qualifier le meilleur des candidats.

Encore candidat à l’économat la semaine dernière, Renaud Dutreil, champion autoproclamé du dialogue social, et ministre en charge de la Graisse de Mammouth, s’était disqualifié en déclarant sur le sujet que l’augmentation de salaire demandée par les syndicats de fonctionnaires était "irréaliste" (commentaire du jury : très très bon ! concis, ferme). Mais ajoutant, et c’est ce qui l’a perdu, que « S’il fallait satisfaire une telle augmentation de 5 % du point d’indice et tenir compte de l’inflation pour 2005, il faudrait dépenser 10 milliards d’euros, ce qui reviendrait à prélever 170 euros auprès de chacun des 60 millions de Français en 2005. Pour une famille de deux enfants, il faudrait prélever du pouvoir d’achat à hauteur de 700 euros !".
Grave et impardonnable erreur ! C’est d’autant plus ballot que M. Dutreil a échoué en ne respectant pas les deux règles de base de l’épreuve à savoir :

1/ on ne divulgue jamais le résultat de sa règle de trois.

2/ ce n’est qu’à titre exceptionnel que l’on se livre au difficile exercice de l’énonciation de chiffres totalement abracadabrants.

Terrible boulette donc qui a éliminé Renaud Dutreil. La bonne réponse étant évidemment :

“je crois qu’ça va pas être possibleu,
pa-ai-treu
po-ssi-bleu”

Seul Hervé Gaymard a pu fournir cette année la bonne réponse, ce qui lui a permis d’obtenir avec succès le poste tant convoité de ministre d’Etat que délaisse Nicolas Sarkozy afin de répondre à l’appel du peuple (85% ! quatre vingt cinq !!!!!)

Les réponses de Philippe et Thierry étant respectivement « Nous ne pouvons étudier votre dossier qu’après consultation auprès de votre généraliste qui vous redirigera vers les nombreux spécialistes qui examineront votre cas. N’oubliez bien sur pas d’acquitter votre participation forfaitaire d’un euro à chaque consultation en plus de vos consultations. » (commentaires du jury : trop long, pas assez ferme, déjà fait) et « France Telecom, bonjour ! Un opérateur va bientôt prendre en charge votre appel, veuillez patienter merci ! .... BIP.... BIP .... BIP » (trop classique)
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Réactions
15-07-2008 : sorry if still in use , DenWritte - 0 réponses
15-06-2005 : > La règle de trois : 1/3 pour J, 1/3 pour Ch, I/3 pour moi. , Al Go’rythm - 1 réponse
09-03-2005 : Toujours d’actualité , Anvil Mac Lipton, Economiste au Figue Haro. - 0 réponses
04-12-2004 : > La règle de trois : une épreuve difficile dont peu de candidats au ministère de l’Economie arrivent à se dépêtrer. , Jean-Eudes RISLA-CROIX - 0 réponses
01-12-2004 : Ré-évaluation du salaire des QUOI ???? , Bernardine - 0 réponses
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