Confrontée à des hordes de sociopathes sans valeurs sous-éduqués par des enseignants maoistes sur le retour et gavés de Fêtes de la Musique aux relents chanvrés, la Justice a eu fort à faire avec l’héritage nauséabond de vingt ans d’occupation socialiste. Mais cette grande dame aveugle, armée de son seul glaive et d’une balance et plutôt bien gaulée, n’as pas démérité face à l’épreuve. Fidèle à son devoir de réinsérer les éléments les plus pervertis de la société, elle a prouvé ses capacités sans limite d’absolution en remettant les délinquants les plus endurcis, tels M. Balkany ou M. Carignon, dans le droit chemin d’une vie bien rangée. Toutefois, les défis qui se présentent à elle en ce troisième millénaire sont d’une toute autre nature.
« La prison n’est plus un châtiment adapté à notre époque », explique Gérard Ledoux, directeur général adjoint chargé des programmes immobiliers de la Justice, qui nous guide dans la visite de la maison d’arrêt de Morillon-sur-Bieuvre, en cours de construction. « Notre époque, c’est celle de l’envolée des prix des loyers, de la pénurie de logements sociaux, alors raser un champs de betteraves pour y mettre une prison, c’est plutôt du gâchis. A la place, on pourrait faire rentrer de la thune en hébergeant des gens ». Montrant du doigt les derniers camions qui s’affairent sur le chantier, notre interlocuteur complète son propos : « Dès qu’ils ont fini la tranche C, on y met du crépi et on refile le tout à Borloo. Les prisonniers ? Et bien justement, c’est là que la technologie intervient ».
Le principe du bracelet électronique est simple : le délinquant se voit condamné à porter un bracelet émetteur qui avertit les autorités dès que ce celui-ci s’éloigne d’une borne réceptrice installée à son domicile, ou dans tout autre endroit. Par mesure de souplesse, il sera possible d’installer de telles bornes dans les lieux de travail des délinquants, afin de permettre leur parfaite réinsertion dans le tissu social. Mosquées, restaurants turcs, MJC et autres mairies communistes pourraient ainsi être rapidement pourvues en bornes réceptrices.
Plus qu’une mesure visant à permettre aux délinquants un « nouveau départ », l’instauration du bracelet électronique répond à un constat simple et désolant : la prison est devenue une sanction de tapette.
Logés, nourris, blanchis, divertis par un personnel payé par l’impôt bravepatriote, nos prisonniers ne connaissent plus la sainte valeur de la Rédemption que le bagne, ou les châtiments corporels, véhiculaient ils n’y a pas si longtemps encore. La prison est devenu le stade ultime de l’assistanat socialiste. Gérard Ledoux connaît bien ce problème : « Les taulards, on leur mettait même Canal+ dans leurs cellules. Comme ça, gratos. Alors que moi, honnête travailleur, pour le porno mensuel, c’était passoire dans la main gauche et ma b... enfin bon, maintenant, avec le bracelet électronique, la question ne se pose plus ». De plus en plus exigeants sur la qualité des animations, les prisonniers vont même jusqu’à huer les anciens candidats de la Star Academy qui, entre une inauguration de Halle aux Chaussures et une fête paroissiale, s’arrêtent dans leur établissement pour y faire entrer un instant quelques notes d’une musique de qualité.
En cette époque de navrante inversion des valeurs, nos prisonniers ne veulent plus comprendre que ce n’est pas la société qui a une dette envers eux, mais bel et bien l’inverse ! Cette absurdité doit cesser.
Fini, messieurs les délinquants, le farniente dans la douce chaleur des poêles de la République ! Fini, les ambiances de camaraderie virile sans souci du lendemain ! Fini la salle de muscu gratuite ! Il n’est plus admissible que les éléments les plus nuisibles de notre société soient ainsi privilégiés ; il est au contraire normal, et sans doute socialement productif, que ceux-ci soient confrontés à l’exigence de dur labeur qui anime chaque bravepatriote, et paient 500 € leur place dans un studio miteux avec bobonne qui râle. Et seule la travaillance leur permettra, dorénavant, de payer l’abonnement à la salle de gym ! La Justice doit être totale ! La lie de notre pays ne doit plus attendre des honnêtes citoyens qu’ils lui assure la pension complète et les soirées karaoké !
Le bracelet électronique est là, pour remettre au plus vite les déviants dans le carcan d’une vie honorable et exemplaire. Il permettra de rendre les plus parasitaires individus de notre société enfin productifs de valeur ajoutée, et de cotisations pour les retraites (car il est de notoriété publique que la prison est bien devenue LA planque pour beaucoup de jeunes). En outre, la lutte contre la récidive pourra désormais ne plus être un vain mot destiné à donner bonne conscience à quelques juges rouges : les solutions techniques développées sur la base de bracelets électroniques compatibles GPS permettront, dans un avenir proche, au glaive de la Justice de frapper vite et bien, avant que ne soit de nouveau commis l’irréparable.
La technologie arrive enfin, à point nommé, au secours de nos institutions, contre la gangrène criminelle résultant de vingt années de socialisme permissif.
