Au traitement social du chômage qui n’a abouti qu’à un abandon progressif mais durable de la valeur travail, M. de Villepin oppose un contrat : "le contrat nouvelle embauche". C’est nouveau pour les Français à qui, jusqu’à maintenant, on ne proposait qu’une aliénation, un rabaissement : sous couvert de progrès social on entretenait le piège de la pauvreté dont la fameuse "trappe" a englouti bien des foyers.
Aujourd’hui le contrat nouvelle embauche, c’est la volonté de responsabiliser tous et chacun, la possibilité d’avoir un travail, une place dans une société libre qui n’a plus peur de vous regarder dans les yeux pour vous dire "t’es viré" "bonne chance".
Ce contrat, c’est l’espoir de voir l’intermittent du spectacle, prenant conscience que son activité constitue un poids mort pour la croissance, se décider à rejoindre l’univers salarié intègre (la friterie Laclampe sur la nationale 20, par exemple).

Mais après une trop longue période d’assistanat, quel est le principal obstacle que rencontrent les hommes et les femmes qui souhaitent s’associer dans une aventure salariale enrichissante pour tous ? La confiance réciproque entre le salarié et l’employeur.
Et comment rétablir cette confiance ? Dans le temps.
Confucius écrivait dans le petit livre d’argile : "Prends ton temps je ne suis pas redescendu" (traduction libre par Philippe Léotard aux Editions du Cherche Midi).
Alors évidemment, une période d’embauche de 24 mois ça peut paraître long à ces pseudo-intellectuels qui, aussitôt diplômés, cherchent le confort d’une longue retraite payée par le contribuable (ou pire : le fonctionnariat).
Mais pour faire un professionnel expérimenté, deux ans c’est court. Sans vouloir mettre en avant mon expérience, je peux vous dire que même après deux ans, à Dông Ha, certains tirailleurs étaient encore capables de se faire descendre comme des débutants. Et ça, ça fait réfléchir.
Bien conscient que le monde moderne a ses contraintes (un jour journaliste en Irak, le lendemain otage), le salarié d’aujourd’hui sait que l’adaptabilité doit être un réflexe. Et justement c’est ce réflexe que permettra l’adoption du contrat nouvelle embauche. C’est la possibilité pour le salarié de se constituer une expérience professionnelle en laissant la porte ouverte aux opportunités, et pour l’employeur de foutre à la porte ce même salarié à la première opportunité.
Pour aller plus loin et ainsi libérer les énergies, il reste l’obstacle du code du travail. Ce recueil de textes abscons et vieillots (qui se soucie encore du travail dans les mines ?), constitué de plusieurs milliers de pages, connu uniquement d’une élite sectaire, brise les élans individuels et plombe notre compétitivité.
Mais il est certain que le jour où il faudra choisir entre ce boulet aux pieds, cette entrave légaliste qui nous empêche d’avancer, et le souffle frais de la liberté, alors je suis sûr que les français sauront prendre la bonne décision.